Le bouillon des bibliobsédés

L'édition numérique : le bon choix pour un auteur libre et indépendant ?

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2013 est l'année zéro de l'édition numérique en France. J'y vais, parce que je sais que c'est le bon moment. J'ai l'esprit pionnier et comme tout pionnier qui se respecte, je ne resterai sans doute jamais dans l'Histoire, je ne marquerai pas mon temps, je ne ferai que survivre avec mes écrits, mais je serai allé là où je pense qu'une majorité de mes écrits devaient être diffusés. D'autres écrivains ont franchi le pas avec le même élan, mais aussi pour pallier l'étouffant étau que peut constituer l'édition papier pour un scribouillard libre. Il faut ajouter qu'il faut vendre cinq à six fois moins d'exemplaires en numérique pour gagner autant de droit qu'en format papier. 

 

 

 

 

Pour ce dernier, les droits d'auteur ne dépassent que rarement les 6-7% contre 20 à 40% pour le format numérique (le prix de vente étant beaucoup plus bas sous ce dernier format). Car je parle bien de parution à compte d'éditeur et non d'auteur. Éditeur est un métier à part entière. Les écrivains, selon moi, ne doivent pas succomber à la tentation de l'autoédition même si la technologie semble faciliter cette démarche.

 

Soumettre son texte à un tiers, un professionnel, relève de la lucidité quant à sa création. Les passionnés d'écriture –affreuse comme géniale- pourront continuer à diffuser via leurs blogs (ce que je fais dans mon labo d'écriture en ligne sous licence Creative Commons), mais je suis assez halluciné par la réussite des plateformes d'autoédition et autres attrape-nilgauts de ce genre. L'éditeur (numérique ou non) est une sorte de dénicheur, de sélectionneur, un correcteur, un interlocuteur et chargé de la diffusion et de la commercialisation de l'ouvrage. 

 

Tout le monde n'a pas les moyens, le temps et la patience de supporter la sueur

 

Chacun son métier et celui d'éditeur est d'une complexité et d'une technicité qui ne s'improvisent pas. Un écrivain « déjanté », « décalé » comme moi n'a ni l'esprit d'un businessman ni celui d'un technicien de la langue. Il lui faut un allié, mais aussi un « critique maison », et cet allié, ce critique, c'est l'éditeur. Or, rares sont ceux qui font bien leur travail. En France et en Belgique (ce que je connais), des maisons numériques comme Publie.net et Numeriklivres sont sérieuses, professionnelles, pionnières. ONLIT en Belgique fait aussi ce travail, avec une optique légèrement différente. Mais ces avant-gardistes du genre semblent être partis un peu avant le départ effectif du secteur et cherchent actuellement à se caler sur la course folle qui s'engage depuis quelques mois. 

 

Certains affirment que le livre numérique tue des métiers comme celui d'imprimeur ou de libraire. Mais stop avec ce discours ! L'imprimerie a été largement laminée depuis des années par la mondialisation. Quant aux libraires dits « indépendants », ils ont toujours été précieux, mais rares et localisés dans les centres urbanisés ou quelques villages ou villes moyennes. Mais en banlieue, aucune trace de ce type de commerçants. Les gros libraires tels que la FNAC ont été les seuls présents dans les centres commerciaux hideux des villes champignons. Pour acheter une rareté, un roman, un recueil d'un auteur pointu, il faut compter le prix du livre, le billet de train.

 

Tout le monde n'a pas les moyens, le temps et la patience de supporter la sueur, l'atmosphère glauque des transports en commun ou l'asphyxiante ambiance des bouchons routiers pour acquérir le sésame littéraire. Internet le permet ainsi que les bibliothèques municipales, lorsqu'on leur en donne encore les moyens. Je rappelle également que ce ne sont pas les ouvrages littéraires qui font vivre ces professions, mais plutôt les livres techniques, scolaires, de loisirs, etc. 

 

Le refus du livre numérique est pour moi le fruit d'un auto-conditionnement

 

Bien sûr les lecteurs habituels invoqueront leur préférence pour le papier, leur attachement à l'objet autant qu'au contenu. Cependant, ceux qui s'opposent au livre numérique lisent des tas d'articles affreux en ligne, des fiches techniques, des commentaires, des textes courts, etc. Le refus du livre numérique est pour moi le fruit d'un auto-conditionnement et un vrai travers consumériste où l'acheteur ne peut apprécier sa Danette si elle n'est pas dans son pot, avec son étiquette, et son opercule à retirer. 

 

Mais pour l'écrivain, l'important est de taper directement dans l'esprit du lecteur et de se libérer des chaînes commerciales ainsi que des pillards que sont souvent les intermédiaires comme les diffuseurs/distributeurs et un certain nombre de libraires et d'éditeurs qui cannibalisent les auteurs... Le livre est ainsi constamment disponible dans les « rayons » des librairies virtuelles alors qu'en moyenne, un livre ne reste en rayon que trois mois (au mieux six mois pour un écrivain à petite notoriété) dans une librairie de type « espace culturel Leclerc », FNAC et même la librairie-papeterie de Madame Dudule qui « n'aime pas trop les auteurs comme ce Vérol, trop violent, trop choquant, ça plaira pas à ma clientèle » (rapporté par des dizaines de mes lecteurs, ou entendu en live).

 

Le seul salut pour celui qui écrit et se voit « choisi » par Dieu-l'Editeur, c'est de réussir un coup commercial qu'il ne peut ni anticiper, ni maîtriser, ni vraiment évaluer. Les petits éditeurs papier sont actuellement dans une mauvaise passe et n'ont pas les moyens de risquer un tirage de mille exemplaires d'un livre « décalé » et donc en difficulté pour rencontrer un public dans la jungle dense de la littérature et surtout le diktat des diffuseurs. 

 

Il fallait continuer à proposer des écrits courts et longs aux lecteurs

 

Je ne cherche pas à convaincre. Je fais un constat et je fais un choix. Le format papier n'est pas banni, bien au contraire. Comme indiqué ci-dessus, le livre papier reste une valeur sûre, un plus pour la lecture de certains formats. Je lui réserve des romans longs ainsi que d'autres travaux en cours. Mais j'ouvre aussi une nouvelle phase de mon parcours avec deux éditeurs numériques que j'ai rencontrés après moult péripéties, recherches, projets sabordés et phases d'épuisement avancé. Il fallait continuer à proposer des écrits courts et longs aux lecteurs avec une exigence que seuls des éditeurs sérieux pouvaient assurer. Les éditions La Matière Noire et L'Ivre-Book ont deux démarches différentes. Elles répondent pourtant à deux voies que j'emprunte depuis toujours : les écrits poétiques et noirs et les récits courts et expérimentaux. 

 

Nous lançons donc deux ouvrages : le premier est une longue nouvelle au titre de « Seconde Chance » éditée par La Matière Noire. Le second est « Planning », édité par L'Ivre-Book est un texte dévoilant mes nuits et mes jours à une cadence rapide inaugurant une collection appelée « Les Sur-Intégrales de Andy Vérol ». Voilà une nouvelle phase pour les écrivains qui nous permettra de renouer avec l'esprit dadaïste, permettant aux poètes, aux détraqués des mots, des tocards de la « basse littérature », d'expérimenter, d'être lus, de se répandre et parfois d'emmerder l'ordre littéraire établi depuis l'industrialisation du livre. L'édition numérique permet également de remettre le feuilleton littéraire au goût du jour. 

 

Le livre papier a de beaux jours devant lui.

 

Je ne me leurre pas. L'avenir appartiendra toujours aux escrocs, aux démagos, aux lèche-culs et aux têtes de gondole merchandiseurs ! Ceux qui s'opposent au « système » sont souvent absorbés, « récupérés » (comme on disait auparavant), ils sont les gens « à la marge » qui servent à le renforcer. Je n'entre donc pas du tout en résistance contre qui que ce soit, je décide d'ouvrir l'horizon, de diversifier mes collaborations et en rien considérer que le progrès technologique doit passer devant la qualité littéraire. Le livre papier a de beaux jours devant lui.

 

Le livre numérique n'est pas l'ennemi du premier, il n'est pas un concurrent (sauf pour les gros éditeurs et quelques « réacs » du livre), il est un peu ce que fut le cinéma pour le théâtre en d'autres temps. Les deux modes de construction du livre feront toujours naître des projets minables, commercialement miraculeux dans certains cas, et d'autres géniaux, plus intimistes, des échecs, des œuvres éclatantes et des navets littéraires dans d'autres cas. Je ne joue pas l'un contre l'autre, je choisis les deux et j'irai là où ma liberté, du moins la sensation d'écrire ce que je veux, sera la plus grande. 

 

 

Pour les actualités de ces deux éditeurs, mais aussi pour vous procurer « Seconde chance » et « Planning » qui paraîtront le 24 juin 2013:

 

La Matière Noire : http://lamatierenoire.net/

L'Ivre-Book : 

04/06/2013

Partagé par Thomas Fourmeux

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Les chiffres de l'édition numérique en France

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Article note: Bilan de l'édition numérique en France en 2013.

Publiée sur le site du MOTif, une infographie réalisée par Primento, voici une présentation de l'ensemble du paysage éditorial numérique, selon les données présentées par l'institut d'analyse GfK, en février 2013. 

 

En voici par ailleurs les chiffres principaux : 

  • 3,6M de tablettes (contre 1,5M en 2011) et 300 000 liseuses ont été vendues en France en 2012, 500 000 d'ici la fin 2013.
  • 37% des libraires font de la vente en ligne sur leur site internet
  • 100 000 œuvres littéraires numériques (dans les différents formats EPUB, PDF ...)  sont à ce jour disponibles en France.
  • Le chiffre d'affaires total des ebooks a dépassé les 21M€ en 2012,ce qui représente 0,6 % du marché global du livre contre 1,25 Mds $ aux États-Unis (20% du marché).
  • Les livres numériques pourraient cependant atteindre 3% du marché total du livre d'ici 2015 à 75 M€.
  • 2M d'ebooks ont été téléchargés en 2012.
  • 47% des possesseurs de tablettes (1 français sur 6) lisent des livres.
  • 44% des Français ont déjà lu ou envisagent de lire un livre numérique prochainement. L'an passé, ils n'étaient que 10% à déclarer avoir lu un livre numérique.
  • Les plus intéressés par ce format seraient les 50 ans et +, puisque 30% d'entre eux déclarent envisager de lire un livre numérique.

 Le reste, c'est pour le plaisir des yeux.

 

16/04/2013

Partagé par Thomas Fourmeux

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Le livre numérique : état des lieux et enjeux pour les bibliothèques | Bibliobsession (+3)

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Commentaire(s) des veilleurs :
Alice Bernard - Stardust : 

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« Vous avez un nouveau SMS : A table !» – Au commencement était le web

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21/02/2013

Partagé par Hubert Guillaud

Commentaire(s) des veilleurs :
Hubert Guillaud : 
"45% des gens avouent qu’ils utilisent parfois le SMS, le courriel ou les réseaux sociaux pour communiquer avec des membres de leur entourage qui se trouvent dans une autre pièce de la maison ! "

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Peu à peu, les Américains se lassent de Facebook – 01Net

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12/02/2013

Partagé par Hubert Guillaud

Commentaire(s) des veilleurs :
Hubert Guillaud : 
La désaffection du réseau social gagne du terrain, notamment chez les moins de 30 ans, selon une étude du Pew Research Center. Le temps moyen mensuel passé sur Facebook en 2012 est passé de 7h09 à 6h40 aux Etats-Unis. Cela reste loin devant les autres, mais la tendance n'est pas encourageante.

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les réseaux sociaux (et vous avez osé le demander) — pierremerckle.fr

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01/02/2013

Partagé par Hubert Guillaud

Commentaire(s) des veilleurs :
Hubert Guillaud : 
Le sociologue Pierre Mercklé, auteur de "Sociologie des réseaux sociaux" expose sur son blog ses réponses à une vaste foire aux questions (avec réponses) sur notre relation au numérique et aux réseaux sociaux. Au programme : Comment les pratiques culturelles et les loisirs se transforment-ils au cours de l'adolescence ? Tous les ado sont-ils égaux face aux nouvelles technos ? Quels sont les effets des TICs sur les sociétés et le lien social ? ... Une mine très stimulante et difficile à résumer. "L’autonomie et le fonctionnement en réseau ne sont pas des inventions d’Internet, ce serait plutôt Internet qui serait le produit de l’autonomie et du fonctionnement en réseau."

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On utilise moins Facebook qu’on le pense – The Atlantic

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23/01/2013

Partagé par Hubert Guillaud

Commentaire(s) des veilleurs :
Hubert Guillaud : 
Une étude - http://reyjunco.com/wordpress/pdf/JuncoFBActualvsSRCHB2013.pdf - sur l'utilisation de Facebook par des étudiants rapporte qu'ils estiment passer 2h30 par jour sur Facebook, mais quand on mesure leur usage avec un logiciel, ils n'y passent en fait que 26 minutes !

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Les connexions mobiles et les bibliothèques | Mobile Connections to Libraries – Pew Internet

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17/01/2013

Partagé par Bibliomancienne

Qui utilise Twitter en France ?

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15/01/2013

Partagé par Pauline Moirez

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Psychologik : Charte de bonne conduite à l’usage des parents qui ont un adolescent qui a un téléphone

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11/01/2013

Partagé par Hubert Guillaud

Commentaire(s) des veilleurs :
Hubert Guillaud : 
L'iconoclaste psychologue Yann Leroux propose une charte à l'usage des parents qui ont un adolescent qui a un téléphone. Et rappelle que le téléphone appartient à l'adolescent, que les parents n'ont pas à le fouiller. Qu'il n'est pas une laisse : qu'il faut laisser les enfants autonomes. Et que le téléphone portable n'est pas un otage : que son utilisation ne doit pas être soumise aux aléas relationnels des parents et des ados. 

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