Le bouillon des bibliobsédés

Archive for the ‘Jadlat’ Category

L’humour est une arme |

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rire avec et non rire de

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  • L’humour s’inscrit dans une logique, dans des règles définies par un mode de pensée global.
  • Le rire serait une barrière qui permettrait de définir les limites de ce qu’on accepte ou non.
  • La plupart du temps, quand on commence à pointer le rire du doigt, à dire que non, là, cette blague pose problème pour x ou y raison, les gens s’insurgent et appellent Desproges à la rescousse
  • On le voit donc ici, Desproges n’a jamais dit qu’on ne pouvait pas rire de n’importe quoi avec tout le monde parce qu’il existait des crétins manquant d’humour,
  • on ne pouvait pas rire de tout avec n’importe qui parce que certains ont des idées politiques trop dérangeantes pour qu’on accepte de rire avec eux.
  • Desproges montre clairement qu’il a compris quelque chose d’important : le rire est un outil de cohésion sociale.
  • C’est un moyen de lier les troupes et de créer de la complicité. En riant des homosexuels, on prend le risque de créer des liens avec les homophobes, qu’on le veuille ou non.
  • Rire est donc un choix. Un choix politique, un choix social, une manière de se placer en société par rapport à ses contemporains. Il est donc important, oui, de prendre garde à ne pas rire avec n’importe qui quand on rit de n’importe quoi.
  • Faire rire, c’est avoir du pouvoir car on range de son côté les rieurs en définissant par la raillerie c’est qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.
  • Je tente de faire rire le groupe en pointant du doigt quelque chose (la zoophilie, le racisme, l’eugénisme, l’homosexualité, une tradition étrangère, peu importe)
  • Untel me répond que pointer du doigt cette chose est pas drôle parce qu’encourageant un système auquel Untel n’adhère pas. Untel refuse donc de me donner du pouvoi
  • . La frustration de ce pouvoir refusé m’entraîne à nier chez mon opposant la capacité de reconnaître un potentiel meneur, à savoir dans ce cas, moi.
  • Celui qui dicte ce dont on peut rire, c’est celui qui place les normes, qui définit les limites, qui dit ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.
  • Et étrangement, les personnes les plus souvent accusées de manquer d’humour sont les gens qui remettent en cause l’ordre établi, les limites existantes et intégrées par chacun
  • Montrer qu’on refuse de rire est donc un acte qui demande du courage car, sans qu’on s’en rende forcément compte, il y a un rapport de force qui se met en place et qu’il faut apprendre à contrer quand le besoin s’en fait sentir.
  • En refusant ainsi de rire d’une catégorie opprimée avec le « meneur », on lui fait savoir qu’on ne lui reconnaît pas le droit de brimer un groupe donné (qu’on en fasse partie ou non).
  • Pour faire rire -et donc avoir du pouvoir- on doit savoir se vendre auprès de ses contemporains
  • le cynisme tel que la plupart des gens le conçoivent (donc mal, nous verront ça plus bas) est un moyen simple et efficace.
  • être cynique, anticonformiste ou adepte de l’humour noir est une mode, un truc cool et surtout, donc, un truc de puissant.
  • C’est quoi le cynisme ?
  • Diogène, philosophe anticonformiste, est célèbre pour plusieurs raisons -avérées historiquement ou non-, mais ma préférée est celle de son altercation avec Alexandre le Grand à qui il aurait dit « ôte-toi de mon soleil » quand ce dernier a voulu s’adresser à lui du haut de sa royale présence.
  • « Cette école a tenté un renversement des valeurs dominantes du moment, enseignant la désinvolture et l’humilité aux grands et aux puissants de la Grèce antique. Radicalement matérialistes et anticonformistes, les Cyniques, et à leur tête Diogène, proposaient une autre pratique de la philosophie et de la vie en général, subversive et jubilatoire. »
  • enseigner l’humilité aux puissants
  • Dans la même veine, l’anticonformisme (et donc l’humour anticonformiste, par extension) est lui aussi spolié.
  • Anticonformisme signifie radicalement contre ce qui est conforme.
  • Ils brisent des idées sociales avec des idées caduques.
  • Et cette manie à un nom qui n’est en rien synonyme d’anticonformiste, c’est le terme « réactionnaire ».
  • le problème de cette mode du cynisme, de l’anticonformisme, du second degré et de l’humour noir, c’est qu’ils ont perdu leur sens quand les membres des classes dominantes se les sont réappropriés pour justifier leur oppression et les méthodes qui en découlent
  • mettre un mot qui passe mieux sur leurs méthodes d’oppression et leur volonté de ne pas remettre en question leurs privilèges.
  • Il faut donc apprendre à déceler à quel moment l’humour est dirigé « contre », et à quel moment il permet de rire « avec ».
  • Il est clair, donc, qu’aujourd’hui, dans certaines situations on est tenu de rire
  • l’humour oppressif fonctionne : on tient l’autre en respect, s’il ne veut pas être exclu du groupe, il doit accepter qu’on se moque de lui sans rien dire, et même rire avec les autres.
  • Car la différence est cruciale. Se moquer de, c’est rire contre. Rire de, c’est rire avec.
  • Parce que se moquer de, c’est exclure la cible de la moquerie. Alors que rire avec elle c’est l’intégrer dans le groupe, dans la société.
  • Alors quand vous faites une blague, posez vous la question : quel est mon but ? Est-ce que je cherche à exclure ? Ou est-ce que je cherche à intégrer ? Et si je cherche à intégrer, est-ce que c’est réellement visible ? Est-ce que ce n’est pas maladroit ?
  • Présenter des excuses à une personne blessée par une blague est une politesse élémentaire que trop de personnes dédaignent, par orgueil.
  • Je pense donc que laisser le choix aux personnes, de rire de ce qui les fait souffrir (ou pourrait les faire souffrir) à cause d’un système social qui les oppresse de manière partiale et injuste, est un geste important, un témoignage d’empathie qui devrait être considéré comme normal.

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Written by Richard Peirano

June 21st, 2015 at 5:22 pm

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Bingo féministe et « mansplaining  | «Genre !

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POur dépasser le cadre de cet article, toutes les personnes qui croient en savoir plus que les pro sur n'importe quel sujet. Me rappelle une inspection !

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  • Le terme mansplaining est ce qu’on appelle un mot-valise, formé des mots anglais man (homme) et explainer (qui explique). On en trouve une bonne définition sur ce blog, qu’on pourrait traduire ainsi:
  • Le mansplaining ne désigne bien sûr pas seulement un homme qui explique; de nombreux hommes parviennent tous les jours à expliquer des choses sans insulter en quoi que ce soit ceux/celles qui les écoutent.
  • Le mansplaining, c’est quand un mec vous dit à vous, une femme, comment faire quelque chose que vous savez déjà faire, ou pourquoi vous avez tort tort à propos de quelque chose quand vous avez en fait raison, ou vous parle de « faits » divers et inexacts à propos d’un sujet que vous maîtrisez un milliard de fois mieux que lui.

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Written by Richard Peirano

June 21st, 2015 at 4:54 pm

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L’humour est une chose trop sérieuse… – Une heure de peine…

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  • Quand un dominant explique à un dominé comment il doit ressentir les choses, il ne fait qu'exercer sa domination. Dans le cas des hommes qui expliquent aux femmes ce que c'est que d'être une femme, on appelle ça du "mansplaining".
  • Tu crois ? Récemment, l'anthropologue Robert Lynch a fait une expérience amusante. Il a fait passer un questionnaire au public d'un spectacle de stand-up pour connaître leurs opinions politiques. Et puis il a mesuré à quelles blagues ils riaient, et s'ils riaient forts.
  • Pourtant, les résultats sont intéressants, notamment face à une blague sexiste comme celles que tu affectionnes tant. Les gens qui ont les vues les plus traditionnalistes des rapports hommes-femmes, qui pensent que les hommes sont fait pour bosser pendant que bobonne reste à la maison, sont ceux qui rient le plus aux blagues sexistes
  • on dit parfois que les sciences sociales se contentent de "stating the obvious", de constater ce qui est évident.
  • Et ben voilà : en choisissant de qui ou quoi tu ris, tu choisis aussi avec qui tu ris. C'est pour cela que le choix est important : le rire, ça te situe socialement.
  • u veux dire que ça dit à quelle classe j'appartiens ?
  • Oui, mais pas seulement : ça dit aussi à quelle fractions de classes tu appartiens. Et ça dit surtout à quels groupes tu appartiens ou tu veux appartenir. Des groupes qui peuvent avoir des comportements politiques ou éthiques très précis. Et surtout, ça dit à quels groupes tu n'appartiens pas.
  • Tu peux rire de tout, ça ne veut pas dire que tu peux le faire n'importe comment.
  • Tu n'écoutes pas. Si ta blague est une sanction, pour qu'elle soit drôle, il faut accepter la norme qu'il y a derrière. Ta blague, elle fait rire parce qu'il y a le sexisme derrière,

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Written by Richard Peirano

June 21st, 2015 at 4:49 pm

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Une écologie du savoir – Nonfiction.fr le portail des livres et des idées

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  • les techniques intellectuelles, ou « technologies intellectuelles », ces outils employés par les savants pour repérer, traiter l’information, pour produire et transmettre le savoir, outils qui réfèrent aussi bien à l’écrit, à l’imprimé, à l’image, qu’au numérique par exemple.
  • explorer une culture (la culture savante) dans sa matérialité, dans sa dimension non-idéelle si l’on veut, encore qu’il ne faille justement pas séparer l’esprit et l’outil. L’auteure vise l’élaboration d’une « écologie du savoir ».
  • une épistémologie : il ne suffit pas de regarder pour voir, il faut encore éduquer le regard ou dresser le corps tout entier.
  •  explorer l’histoire matérielle de la culture savante porte à terme à une relecture de cette même culture ». On s’en convainc rapidement.
  • L’auteure consulte à ce propos des archives de toutes sortes pour apercevoir une règle d’organisation
  • L’auteure s’intéresse ensuite aux produits (intellectuels) mêmes de la recherche : le séminaire, la fiche, la revue, le graphique.
  • elle prend ces problèmes d’une certaine manière : en saisissant les pratiques des usagers inventant tel ou tel outil, le conformant et l’adaptant aux nécessités.
  • Et pourtant, le chercheur a bien un corps : attitudes, postures assise ou debout, et autres « techniques du corps », comme Marcel Mauss en conceptualise l’approche.
  • . L’auteur fait à ce propos allusion à des descriptions de professeurs par les étudiants, lesquels ont relevé bien des détails montrant que si le professeur est une voix, il est aussi un regard et des gestes
  • l’auteur revient, par un autre biais, sur cette question, cette fois, en mettant en avant les attitudes des auditoires en cours, et plus classiquement, l’attitude face au livre : sachant que la lecture à une évidente dimension sensible qui joue dans l’appropriation de l’information (indépendamment de l’objet à lire, que l’on vénère l’odeur du livre imprimé ou l’absence de volupté de la tablette électronique).
  • Ayant atteint cette dimension du sensorium de la culture savante, l’auteure examine les compositions techniques.
  • . Elle constate par exemple que des images sont entrées très tôt dans les livres imprimés et y ont pris une place « naturelle ».
  • Elles sont d’une grande variété, non sans imposer une réflexion sur le statut des images : les uns les réfutant (seuls les mots comptent), les autres les utilisant (pour illustration), les derniers en faisant véritablement un lieu de pensée.
  • Le journaliste Basnage de Beauval, en 1688, fait état « d’une espèce de déluge et d’un débordement de livres qui menace d’inonder la République des Lettres ».
  • La production d’imprimés, il est vrai, ne s’est pas tarie, bien au contraire. Entre 1851 et 1898, elle doubla dans le monde.
  • Et surtout comment passons-nous de la quantité à la qualité ? Devant cette abondance, en effet, il faut retenir qu’il y a des informations de qualité fort variable.
  • Reste un dernier point à évoquer : la place de la conversation comme technique de recherche scientifique.

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Written by Richard Peirano

June 21st, 2015 at 4:33 pm

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Académie de Poitiers – Projets éducatifs territoriaux : création d’un site web pour aider les élus

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Written by Richard Peirano

June 21st, 2015 at 7:59 am

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Utilité sociale et médiation numérique : restitution par 7 collectifs brestois et rapport final – @ Brest

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  • Cohésion sociale,
  • vivre ensemble,
  • bien-être des personnes,
  • estime de soi
  • territoires
  • Rendre visible
  • sur leur capacité à agir (empowerment)
  • leur rapport aux autres (lien social).
  • s’engager dans un travail de construction de leur référentiel d’utilité sociale.
  • chaque structure a produit son référentiel de l’utilité sociale. L’échange, la mise en commun des travaux a permis

Written by Richard Peirano

June 20th, 2015 at 4:23 am

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#leglob-journal

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Written by Richard Peirano

June 18th, 2015 at 6:30 pm

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Voilà pourquoi les théories du complot sont si nombreuses sur Facebook… et pourquoi on a du mal à les arrêter | Slate.fr

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  • Tendance des récits à l’heure de la mésinformation», pointe tout d'abord le processus qui amène les internautes à se situer très clairement dans des groupes de personnes de même opinion.
  • Cette situation conduit à «affaiblir les consensus sur les sujets de société», avancent les chercheurs, «et à favoriser l’essor des rumeurs, de la méfiance, des théories du complot». 
  • l’environnement, la santé publique, l’alimentation, la politique.
  • quatre domaines

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Written by Richard Peirano

June 14th, 2015 at 4:18 am

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Google, l’araignée qui a colonisé le Web | Le Comptoir

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  • le grand rêve du patronat est de faire coïncider les désirs du travailleur avec ceux de l’entreprise.
  • le modèle fordiste a laissé place à une tout autre forme d’organisation, qui prend en compte l’affect pour mieux s’emparer de la vie des employés.
  • Renier véhicule une antienne qui revient souvent dans les médias : une situation de monopole ne dure jamais longtemps, Google finira bien par être détrôné, alors à quoi bon vouloir limiter sa domination ?
  • Cette question ne peut pas se contenter des vieilles théories libérales qui, de toute façon, n’ont pas analysé le modèle économique sur lequel Google est fondé, résultat d’une évolution radicale du néolibéralisme.
  • : Internet n’est pas, aujourd’hui, un espace démocratique, contrairement à ce que pensent Dominique Cardon, sociologue chez Orange, ou Clément Sénéchal, intellectuel affilié au Parti de Gauche et auteur de Médias contre médias. C’est encore moins un espace neutre, puisqu’il est dominé par les GAFA, entreprises gigantesques dont les sièges sociaux sont tous basés aux États-Unis.

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Written by Richard Peirano

June 12th, 2015 at 1:10 pm

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Quand les mots valent de l’or, par Frédéric Kaplan (Le Monde diplomatique, novembre 2011)

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  • l’un, qui permet de trouver des pages répondant à certains mots, l’a rendu populaire ; l’autre, qui affecte à ces mots une valeur marchande, l’a rendu riche.
  • une nouvelle définition de la pertinence d’une page Web en réponse à une requête donnée.
  • Les fondateurs de Google proposèrent de calculer la pertinence de chaque page à partir du nombre de liens hypertextes pointant vers elle
  • A l’occasion de chaque recherche d’internaute, Google propose en effet plusieurs liens, associés à de courtes publicités textuelles, vers des sites d’entreprises.
  • l’algorithme propose un système d’enchères en trois étapes :
  • — L’enchère sur un mot-clé.
  • — Le calcul du score de qualité de la publicité. Google attribue à chaque annonce, sur une échelle de un à dix, un score, en fonction de la pertinence de son texte au regard de la requête de l’utilisateur, de la qualité de la page mise en avant (intérêt de son contenu et rapidité de chargement) et du nombre moyen de clics sur la publicité.
  • — Le calcul du rang. L’ordre dans lequel les publicités apparaissent est déterminé par une formule relativement simple : le rang est l’enchère multipliée par le score.
  • Ce second algorithme a rapporté à la firme de Mountain View la coquette somme de 9,72 milliards de dollars pour le troisième trimestre 2011 — un chiffre en croissance de 33 % par rapport à la même période de l’année 2010 (1).
  • la Bourse des mots qui lui est associée donne une indication relativement juste des grands mouvements sémantiques mondiaux.
  • Tout ce qui peut être nommé peut donner lieu à une enchère.
  • L’ensemble de ses autres projets et innovations technologiques — qu’il s’agisse de gérer le courrier électronique de millions d’usagers ou de numériser l’ensemble des livres jamais publiés sur la planète — peuvent être analysés à travers ce prisme.
  • Quand le moteur de recherche corrige à la volée un mot que vous avez mal orthographié, il ne fait pas que vous rendre service : le plus souvent, il transforme un matériau sans grande valeur (un mot mal orthographié) en une ressource économique directement rentable.
  • Quand Google prolonge une phrase que vous avez commencé à taper dans la case de recherche, il ne se borne pas à vous faire gagner du temps : il vous ramène dans le domaine de la langue qu’il exploite, vous invite à emprunter le chemin statistique tracé par les autres internautes.
  • Les technologies du capitalisme linguistique poussent donc à la régularisation de la langue.
  • Et plus nous ferons appel aux prothèses linguistiques, laissant les algorithmes corriger et prolonger nos propos, plus cette régularisation sera efficace.
  • Nous nous exprimons chaque jour un peu plus au travers d’une des interfaces de la société ; pas simplement lorsque nous faisons une recherche, mais aussi quand nous écrivons un courrier électronique avec Gmail ou un article avec Google Docs, quand nous signalons une information sur le réseau social Google +, et même oralement, à travers les interfaces de reconnaissance vocale que Google intègre à ses applications mobiles.
  • Google suit les mouvements de la langue minute par minute, car il a le premier découvert en elle un minerai d’une richesse extraordinaire, et s’est doté des moyens nécessaires pour l’exploiter.
  • Des règles finalement assez simples : nous quittons une économie de l’attention pour entrer dans une économie de l’expression.

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Written by Richard Peirano

June 12th, 2015 at 12:56 pm

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