Le bouillon des bibliobsédés

Archive for the ‘Hubert Guillaud’ Category

AlireAilleurs c’est fini… mais ça continue !

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Written by Hubert Guillaud

September 1st, 2016 at 3:46 pm

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Ni Foucault 2.0, ni Debord 2.0 – France Culture

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Dans l’émission la Suite dans les idées, Sylvain Bourmeau recevait Bernard Harcourt (@bernardharcourt), professeur de droit à la Columbia University où il dirige le Center for Contemporary Critical Thought, et directeur d'études à l'Ecole des hautes Etudes en Sciences Sociales. Bernard Harcourt est également l’auteur de Exposed, un essai qui interroge la question du désir et de désobéissance à l’heure du numérique. 

Dans son livre, Harcourt interroge ce qu’il appelle la “société d’exposition”, pour savoir si nous sommes dans une “société du spectacle” ou une société surveillée, panoptique… Qu’est-ce qui nous pousse à nous mettre sur l’écran ? Etre visible est devenu le moyen de communiquer et de s’organiser à l’heure des réseaux. Pourtant, malgré son talent visionnaire, Orwell dans 1984 nous promettait un futur écrasant tout désir. Nous sommes dans son exact inverse : l’exacerbation du désir. “Or ce sont les mêmes technologies qui créent du désir qui rendent possible la surveillance”. 

La surveillance prophétisée par Orwell est entrée dans nos vies sans contrainte extérieure autre que les innombrables services que ces technologies nous rendent. Pourtant “mettre une iwatch à son poignet n’est pas bien différent que de mettre un bracelet électronique” car cela informe un tiers de tous nos mouvements. Par contre, c’est visiblement la nature du pouvoir qui les opère qui a changé, qui ne relève pas de contraintes organisées. Nous ne sommes plus tant face à une logique de la surveillance, mais confrontés à une logique très différente : la logique prédictive qui déconstruit les façons de gouverner et de faire société. La différenciation progressive des sphères d’activités, pourtant très institutionnalisées, entre le pouvoir économique, social et politique, se floute. “Facebook comme Apple gouvernent. L’Etat fait du commerce.” Les courtiers en données vendent toute forme de données. “La rationalité a longtemps dépendu de la différence entre ces sphères. Mais une fois qu’elles ne le sont plus, nous sommes démunis pour la comprendre ou la critiquer.”

Nos inquiétudes se noient dans la séduction et la distraction permanente que proposent ces objets. Pour Harcourt, il nous faut comprendre comment le pouvoir circule aujourd’hui. Le discours dominant est que le Big data va nous donner accès à de nouvelles vérités qu’on ne savait voir avant. Mais ce n’est pas ça que fait le numérique : il distribue le pouvoir de manière nouvelle. Comment imaginer des formes de désobéissances qui prennent en compte le désir et la séduction intrinsèques à nos objets ? Snowden ou Assange exposent les excès de la surveillance. D’autres proposent des moyens de gérer ses propres informations pour tenter d’en reprendre le contrôle. Reste à savoir si reprendre le contrôle sur ses données suffira à échapper aux si séduisants et puissants services qui les traitent ? La question est ouverte. 

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June 16th, 2016 at 6:30 am

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55% des Français veulent gérer par eux-mêmes l’accès des marques à leurs données personnelles – JournalduNet

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Selon la 5e édition du baromètre de l’intrusion de Publicis ETO, “78% des sondés sont dérangés par le fait que des informations les concernant soient collectées et mises en base !”, explique l’un des responsable de l’étude dans une tribune au Journal du Net. 

“55% des personnes sont intéressées pour gérer par eux-mêmes l'accès des marques à leurs données personnelles via un logiciel, une application smartphone ou un site web dédié. Ils n’étaient que 47 % il y a 1 an. C’est à la fois une prise de conscience mais aussi la preuve d’une certaine “maturité digitale”. Il ne s’agit plus seulement de s’inquiéter mais aussi de “s’outiller” pour mieux se protéger et être plus autonome dans la maîtrise de sa destinée digitale.”

Décidément, le retour des données aux utilisateurs devient chaque jour un peu plus une exigence

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June 9th, 2016 at 6:30 am

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Du jargonnage technologique – Quartz

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Si les startups ont du mal à toucher le grand public, c’est peut-être lié au fait qu’elles ont du mal à expliquer ce qu’elles font, suggère Josh Horwitz pour Quartz. Elles jargonnent. Elles ont toutes recours à des mots clefs techniques qui ne parlent qu’à elles et qu’aux spécialistes - notamment aux investisseurs.

“Mais ces termes ne veulent rien dire et rendent difficiles pour les gens ordinaires de comprendre ce que font ces entreprises. Dans un effort pour paraitre intelligent et attirer les investisseurs ou pour simplement habiller un produit qui serait ennuyeux autrement, les startups comptent trop sur un jargon qui leur aliènent les utilisateurs qu’elles souhaitent attirer”.

Les startups ont recours au jargon pour se rendre plus intéressantes qu’elles ne sont. Pas sûr que ça fonctionne…

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June 4th, 2016 at 6:30 am

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Linky en ces enjeux – CanardPC

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CanardPC publie un excellent dossier sur les enjeux du compteur “intelligent” Linky… qui revient sur les évolutions à venir de la production et de la consommation d’énergie. 

L’intégration des énergies renouvelables va transformer en profondeur le fonctionnement du réseau électrique, rendant la production plus fluctuante et nécessitant de faire varier la consommation en réaction immédiate à l’ensoleillement et au vent et non plus en tentant de lisser une production continue (la journée pour les entreprises et la nuit pour pour les particuliers). Pour que notre consommation fonctionne par intermittence, pour lisser les pics de consommation entre consommation rapide et lente pour recharger des batteries électriques, nous allons avoir besoin de compteurs intelligents. “A l'avenir, plus vous créerez de pics de consommation, plus l'électricité vous coûtera cher”.  

Le dossier de CanardPC revient également sur les questions de vie privée. Il rappelle que les données provenant des compteurs sont lissées : le compteur ne transmet pas les données en continue, mais émet des mesures toutes les 10 minutes pour éviter de savoir quelle chaîne de télé vous regardez et quand vous en changez… Reste que ces “courbes de charge” lissées permettent tout de même de connaître certaines de vos habitudes, et également d’en extrapoler d’autres : occupation des lieux, nombre de personnes dans le foyer, qualité de l’isolation… L’ADEME et la CNIL ont donc fixé une règle : “ces données sont considérées comme privées et appartiennent au client” et pour les transmettre, ERDF devra recueillir le consentement des clients. “nul doute que le fameux "consentement” sera intégré dans le fin fond des petites lignes du contrat. Ensuite, l'arrivée de nouvelles offres financièrement avantageuses pour les clients, basées sur une tarification beaucoup plus précise que le système HP/HC actuel, exigera sans doute la récupération de ces données. Le refus sera alors toujours possible… mais il se traduira par un surcoût. En définitive, l'usager risque de ne pas vraiment avoir le choix.”

Enfin, le dossier revient sur la question récurrente du piratage. Le risque principal, estime CanardPC n’est pas tant l’accès à distance aux données pour savoir si logement est occupé, que le risque de brouillage des compteurs ou de piratage des centres de traitement des données d’ERDF. Quant à la question de l’accès à sa consommation en temps réel pour l’utilisateur, elle ne semble pas tranchée pour l’instant. 

Written by Hubert Guillaud

June 1st, 2016 at 9:48 am

L’écosystème des administrations publiques sur GitHub – Datacolada

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L’excellent Data colada (@datacolada), revient sur la présence des administrations sur Github, le site de partage de code. Quelles institutions y sont présentes ? Ce partage est-il un succès ? Que produit-il ?…

Derrière le “festin de la transparence”, on compte 600 dépôts institutionnels et les plus importants sont ceux d’administrations américaines et britanniques. Tous les dépôts ne sont pas également actifs et les plus gros ne sont pas les plus actifs. Ce que constate l’analyse de données, c’est que nombre de dépôts n’ont pas de licence claire, empêchant ou limitant leur réutilisation. L’analyse semble montrer que le dépôts qui ont le plus de contributeurs sont ceux qui sont bien documentés… et que le nombre de forks par d’autres administrations semble assez rare. 

En ce qui concerne la France, 13 administrations ont des dépôts sur Github, dominées par le SGMAP. 

Mais force est de reconnaître que cette analyse de données peine à montrer l’état de la réutilisation… Ce qui est sûr, c’est qu’”il ne suffit pas juste d’ouvrir un dépôt et de mettre des éléments à disposition pour que les gens commencent, (auto)magiquement, à les réutiliser et à participer.”

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May 31st, 2016 at 9:36 am

Concevoir les dystopies – reform

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Sur reform, le journaliste Rob Walker (@notrobwalker) revient longuement sur l’utilisation du design dans l’excellente série Black Mirror, digne successeur de Twilight Zone. Pour son créateur, Charlie Brooker, si Black Mirror est une série parfaitement déconcertante, c’est parce qu’elle montre des “gens faibles utilisant des outils puissants”. Les technologies fictionnelles que l’on trouve dans la série sont très souvent fascinantes parce qu’elles sont à la fois plausibles, attrayantes voire souhaitables, tout en se révélant bien souvent traumatiques et effrayantes. “La plupart des objets et interfaces imaginées dans Black Mirror ne sont pas immédiatement effrayants. Ils sont d’abord séduisants. Et c’est ce qui les rend, à la fin, effrayants”.

Rob Walker a discuté avec Joel Collins, le cofondateur de Painting Pratice, la société d’effets visuels chargée du design de la série et des effets spéciaux. Pour qu’ils fonctionnent, la clé de ces environnements de design fiction consiste à ce qu’ils restent simples. Moins les objets attirent l’attention, plus ils semblent naturels et réalistes, plus le public est alors confronté à leurs sinistres conséquences…

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May 31st, 2016 at 6:30 am

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Machines à biais – Propublica

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Sur Propublica, la journaliste Julia Angwin et le responsable données Jeff Larson signent une terrible enquête sur les biais racistes des algorithmes de prédiction des crimes (voir également “Quel est votre score de menace ?”). Ils évoquent en introduction un terrible exemple entre une jeune femme noire arrêtée pour un vol et un homme blanc d’une quarantaine d’année arrêté pour un crime similaire et condamné d’une manière proche. Le second ayant plus d’antécédents criminels que la première. Et bien le programme algorithmique utilisé par la police pour leur attribuer un score de menace classe la jeune femme comme bien plus à risque que l’homme. Deux ans plus tard, la jeune femme n’a pas commis d’autres crimes, alors que l’homme lui a été condamné pour un autre crime à 8 ans de prison. 

L’évaluation automatique des risques criminels est de plus en plus courante dans de nombreuses courts de justice d’Etat américains et sont livrées aux juges lors de la condamnation pénale. En 2014, le procureur général Eric Holder s’inquiétait des risques que l’utilisation de ces scores faisaient peser sur les inégalités de la justice américaine, mais aucune étude d’évaluation de ces programmes n’a été lancé. 

Les journalistes de ProPublica ont étudié les scores de risques attribués à plus de 7000 personnes arrêtées dans le comté de Broward en Floride entre 2013 et 2014. Si le l’algorithme prédit correctement la récidive à 61%, les noirs ont deux fois plus de chance d’être évalué à plus haut risque que les blancs, indépendamment de leurs antécédents ou de la récidive. Les accusés noirs sont 77% plus susceptibles d’être indexés à risque de commettre un crime violent et 45% plus susceptibles d’être indexés à risque de commettre un crime de toute nature. La société qui fournit l’algorithme du score de menace, mise en cause par ProPublica, Northpointe, récuse les accusations des journalistes. 

Reste que l’accusation des journalistes de ProPublica est terrible. Ils rapportent par exemple l’influence de ce score sur la condamnation d’un homme coupable d’avoir volé une tondeuse à gazon, contre lequel le procureur avait requis un an de prison, mais qui a écopé de deux ans de prison et trois ans de surveillance du fait de son score de menace désastreux. Et les auteurs de rappeler que les prévenus ne peuvent contester leurs évaluations, notamment parce que les données sous-jacentes au calcul de ces scores (provenant de réponses à quelques 137 questions, affirme Northpointe) ne leur sont pas disponibles. Pour Christopher Slobogin, directeur du programme de justice pénale de l’école de droit Vanderbilt, ses données devraient être accessibles aux deux parties et donner lieux à une procédure contradictoire ouverte. 

Written by Hubert Guillaud

May 24th, 2016 at 8:55 am

Quand faut-il faire confiance aux robots qui prennent des décisions ? – Harvard Business Review

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Sur la Harvard Business Review, Vasant Dhar (@vasantdhar), scientifique des données et spécialiste en analyse prédictive, éditeur du Journal Big Data, explique qu’un bon moyen d’évaluer la confiance que l’on peut avoir dans les algorithmes et les systèmes de recommandation automatisés consiste à tenter de mesurer leur caractère prédictif et le coût de leurs erreurs.

La prévisibilité consiste à distinguer les systèmes dont la prédiction peut-être proche de l’aléatoire et qui peuvent progresser de manière marginale, des systèmes déterministes.

Le calcul du coût des erreurs, lui, consiste à évaluer le coût des erreurs des systèmes automatisés (très faible pour un filtre anti-spam, pour la publicité ou pour le trading à haute fréquence et bien plus élevé pour un système de voiture autonome ou le pilotage de drones de combats).

Written by Hubert Guillaud

May 18th, 2016 at 8:00 am

“La pleine conscience promeut une conception individualiste de la société” – Le Monde

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Dans une tribune au Monde, Mathieu Detchessahar, professeur à l’Institut d’économie et de management de l’université de Nantes et membre du conseil scientifique de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) développent des arguments contre les effets sociaux de “la méditation de pleine conscience”, cette nouvelle mode de la méditation qui envahie le management. Cette méthode pour gérer le stress, propose aux gens de développer leur intériorité plutôt que de résoudre la montée des exigences de performance, l’accélération du rythme des changements et la réduction des marges de manoeuvre en entreprise. La pleine conscience alimente le business des consultants et se révèle bien loin des sagesses dont elle s’inspire qui prônent le détachement du monde et la maîtrise des désirs. 

“Enfin, le discours qui accompagne la diffusion de la mindfulness dans les milieux d’affaires promeut une conception individualiste de la société. Chacun de ses promoteurs prend soin de souligner son caractère laïque et universaliste. La mindfulness, insistent-ils, ne renvoie à aucune religion, aucun dogme, aucune culture. Elle est ouverte à tous, elle n’impose rien ! Certes.

Mais il faut alors comprendre qu’elle n’est le support d’aucune communauté concrète, vécue, reliant les personnes les unes aux autres autour d’une éthique ou d’un projet collectif. Il s’agit d’une pratique individuelle, ne renvoyant qu’à soi et à sa propre efficacité ; le dernier avatar, en somme, de l’individualisme marchand. Voilà une pratique parfaitement adaptée à un monde décommunautarisé, désinstitutionnalisé, constitué d’individualités juxtaposées auxquelles l’on fait croire qu’elles ne peuvent attendre leur bonheur que d’elles-mêmes. A méditer…”

Written by Hubert Guillaud

May 18th, 2016 at 6:30 am

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